Sorti en 1998 entre Flamenco (1995) et Fados (2008), Tango fait figure de centre d’un triptyque que le célèbre réalisateur espagnol a consacré aux grandes musiques latines. Réalisé à Buenos Aires, Tango prend pour cadre la préparation d’un film musical, prétexte à de nombreux numéros somptueusement chorégraphiés. S’il démarre par un magnifique travelling sur la capitale argentine, le reste du film est un huis clos où la violence des sentiments fournit le moteur de l’intrigue.
Réalisateur argentin, Mario vient de se séparer de sa femme, mais son désespoir est vite remplacé par une nouvelle passion pour une jeune danseuse, protégée du principal commanditaire du spectacle, aux activités douteuses. La tragédie rôde, les mises en abîme fictionnelles se superposent jusqu’à un dénouement surprenant où la caméra fait figure de grand vainqueur. Servi par la classieuse musique du compositeur argentin Lalo Schifrin (Bullitt, Mission Impossible...) et la photographie léchée de Vittorio Storaro (Apocalypse Now, 1900), Tango a pris avec le temps des allures de classique du film musical.